Publication : le 10 juin 2020.

Lancement du Groupe International et Interdisciplinaire d’Experts sur l’Evolution des Comportements (GIECO-IPBC*), supporté par plus de 1000 scientifiques et experts.

* International Pannel on Behavioral Change (IPBC)
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Après avoir lancé un Manifeste pour la création d’un groupe d’expertise autour des questions cruciales du changement de comportement en vue d’un équilibre économique, biologique, environnemental et sociétal plus durable (www.gieco-ipbc.org), des chercheurs français et canadien ont créé l’association « GIECO-IPBC », une entité internationale, interdisciplinaire, indépendante et apolitique.

Résumé

Des chercheurs français et canadien issus du domaine des sciences humaines et sociales, lancent l’association GIECO-IPBC (ou IPBC : www.ipbc.science), dont l’optique est de développer un organisme scientifique de recherche multidisciplinaire sur les comportements et d’aider à faire face, sur le fond et dans la durée, à la crise planétaire sociétale et environnementale en cours et annoncée. A l’instar du GIEC, ce groupe se destine à publier des rapports de fond, présentant un état de l’art pluridisciplinaire large des indicateurs, moteurs et freins comportementaux, relatifs au changement et à l’adaptation sociétale, économique et environnementale, mais aussi circonstancielles sur des crises en cours et sur des thématiques spécifiques. Ces documents ont pour vocation d’être adressés à la société civile. A cette fin, l’équipe du GIECO-IPBC a rassemblé un panel international d’experts issus des nombreux domaines impliquant le comportement tels que la psychologie, les neurosciences, la sociologie, l’économie, les sciences politiques, les sciences du comportement animal, la biologie, les sciences de la santé, l’éducation, le droit, le marketing ou encore les sciences de gestion. L’initiative est à ce jour supportée par 1023 chercheurs issus d’un peu plus de 70 disciplines et 70 pays à travers le monde.

Présentation détaillée

Après de nombreuses années d’observations et de réflexion concernant l’urgente nécessité d’agir face aux problématiques sociétales et environnementales annoncées, Jacques Fradin, médecin et psychothérapeute, fondateur de l’Institut de Médecine Environnementale (Paris, France) et Camille Lefrançois-Coutant, chercheure en psychologie cognitive et comportementale à l’IME, lancent en
septembre 2018 un appel à signer un manifeste pour la création d’un groupe d’expertise scientifique et interdisciplinaire (cf. https://gieco-ipbc.org/). Jacques Fradin, Président du GIECO-IPBC, décrit sa motivation en ces mots : « […] J’ai lancé l’idée d’un GIECO/IPBC en 2006… mais c’était un peu tôt, nous n’aurions pas été entendus. Nous avons décidé de passer à l’acte en 2018… Et il est temps : la crise du COVID montre ce que coûte l’impréparation… qui elle-même découle du manque de prise en compte et de prise en charge du Facteur Humain, depuis l’école jusqu’à l’entreprise et aux institutions. ». L’objectif d’un tel groupe est donc de réaliser un état de l’art scientifique transdisciplinaire large et actualisé du Facteur Humain, notamment des moteurs et freins comportementaux face aux changements à venir, des évaluations et expérimentations qui en sont faites, à destination de tous les acteurs de la société civile, afin de favoriser le changement des comportements et des usages en vue d’une société plus durable, équitable et désirable. « C’est exceptionnel, mais face à ce qui s’annonce, les scientifiques sortent naturellement et spontanément de leur devoir de réserve et du seul champ de leur discipline. Cela s’impose à nous et modifie notre rapport à notre profession. Nous ne pouvons plus nous contenter de mesurer, d’observer, constater et partager nos conclusions qu’avec un nombre limité d’intéressés. », indique Camille Lefrançois, Secrétaire Général du GIECO-IPBC.

Un an après le lancement du manifeste, le canadien Stéphane La Branche, chercheur indépendant en sociologie de l’environnement, contributeur du GIEC rejoint l’initiative dont il devient coordonnateur scientifique. Les deux premières réunions internationales de scientifiques sont alors organisées, hébergées par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement à Paris (en octobre 2019 et février 2020) et destinées à dessiner de façon collégiale les contours et le mode de fonctionnement d’une telle entité. Les statuts de l’association GIECO-IPBC sont ensuite déposés en mars 2020. Le conseil d’administration et les comités exécutifs sont essentiellement constitués de scientifiques internationaux. Le Dr La Branche entrevoit les objectifs du GIECO-IPBC dans un contexte où, selon lui, « […] la crise écologique est surtout une crise de l’imagination, imagination de nouveaux comportements, de nouvelles envies, valeurs et institutions, de nouveaux fonctionnements économiques, politiques et sociaux. Mais face aux freins à ces changements, il nous faudra beaucoup d’intelligence et de créativité mais aussi, de la volonté afin de passer à l’action. Le GIECO-IPBC vise à rendre compte de ce que les sciences du comportement disent sur les forces et les freins à ce processus de changement. »

Si le GIECO-IPBC a pour objectif de publier des rapports pluridisciplinaires et scientifiques à destination du plus grand nombre et de toutes les parties prenantes, il entend notamment engager les entreprises dans cette démarche, sans lesquelles ce changement n’aura pas lieu : « […] les scientifiques de toutes disciplines ont très vite signé notre Manifeste, mais l’adhésion concrète des acteurs de l’économie ne se fera que si le GIECO-IPBC élargit sa cible à l’étude large du Facteur Humain (FH), face aux multiples transitions, environnementale mais aussi sociale, sociétale, économique, au sens du marché de plus en plus instable et imprévisible ou des métiers confrontés au développement exponentiel de l’intelligence artificielle, etc. », déclare Jacques Fradin. « Aussi sujette à critique que puisse paraître une implication des entreprises dans les travaux du GIECO-IPBC, nous ne leur donnons aucun pouvoir de décision ou de censure, nous les invitons par l’intermédiaire d’un Groupe 2 des acteurs économiques, à nourrir nos réflexions, mieux identifier les thématiques pertinentes à explorer pour résoudre les problèmes réels et sociétaux, sociaux ou environnementaux du terrain, à valider le moment venu nos expérimentations, etc. Au même titre bien sûr que nous allons créer un Groupe 3 dédié aux institutions et autres parties prenantes. Le lancement du manifeste, bien avant le COVID, nous a permis de constater que la sensibilisation à ces sujets n’était plus circonscrite à une frange bien précise de la population, mais touchait de façon très disparate toutes les catégories socio-économiques, dirigeants d’entreprises, société civile, milieux associatifs, milieux de l’éducation et scientifiques bien sûr, même s’il persiste un gap – objet premier de nos futures publications – entre la prise de conscience et les actions. » ajoute Camille Lefrançois.

Le GIECO-IPBC prévoit donc trois groupes au sein de sa structure : les scientifiques (G1) qui produisent des livrables et deux groupes (G2 et G3) de parties prenantes, aidant à en cibler le fond et la forme, de façon réellement pertinente et utile. Ces groupes ne sont pas membres ni électeurs au sein du GIECO-IPBC, ils ont pour mission néanmoins cruciale d’exprimer les besoins, problèmes et attentes, sur le terrain, des différents corps de la société tels que l’éducation, le milieu de la santé, l’agriculture, etc. Ils interagiront en amont et en aval du travail du G1, veilleront à l’intelligibilité des rapports pour le grand public et son utilité opérationnelle pour les acteurs non-experts du comportement, tant institutionnels que privés.
Jacques Fradin précise que « l’on aurait pu craindre que cet élargissement au FH ne disperse le projet initial de « prolongement du GIEC ». Mais force est de constater que toutes ces transitions (IA, métiers, marchés, diversité…) convergent à plus d’un titre. Elles convergent sur le fond car elles tendent à insuffler une vision globale, à long terme et systémique, s’opposant ainsi au court-termisme jusqu’ici triomphant… Elles se rejoignent également sur la forme, c’est-à-dire sur le socle des ressources neurocognitives qui les sous-tendent (facultés notamment liées au cortex préfrontal), de par l’état mental qu’elles mobilisent pour accéder à toute vue d’ensemble et à l’adaptation qui en découle, espérant résoudre ainsi de façon plus systémique et cohérente les myriades de micro-raisons particulières et contradictoires (décrites dans des études trop seulement descriptives) et qui engendrent la résistance globale et profonde observée. ». À quoi, le Dr La Branche ajoute: «[…] et ils soulèvent tous notre question fondamentale: pourquoi et comment changeons-nous nos comportements ou non devant des enjeux de long terme? Cette question est la plus importante car si nous ne comprenons pas les obstacles au changement durable, il sera impossible de trouver des solutions »

Le GIECO-IPBC propose donc, à travers cette mise en avant du Facteur Humain, d’impliquer – à l’aide de ses trois groupes comme un gage de succès – toutes les parties prenantes désireuses de participer à la démarche, sur le fond et dans la durée : G1 : ouvert à toutes les disciplines du comportement fondamentales et appliquées ; G2 : ouvert à tous les acteurs et secteurs économiques ; G3 : ouvert à toutes les institutions et parties prenantes.

Site GIECO-IPBC : https://www.ipbc.science/ 
Site Manifeste GIECO-IPBC : https://www.gieco-ipbc.org/
CONTACT PRESSE Camille Lefrançois-Coutant – 06.99.23.81.40 – camille.lefrancois@ipbc.science

 

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